Agir contre le stress au travail

RSE, Risques Psychosociaux… Mon activité professionnelle m’amène à me pencher sur une question qui nous concerne tous d’une façon ou d’une autre : Le stress au travail.

Mon expérience m’a appris que le stress n’était ni positif ni négatif en lui-même, mais qu’associé à une émotion négative, ou tout simplement trop intense, il pouvait avoir des effets dévastateurs.

agir-contre-stress-travail

Qu’est-ce que le stress ? Comment le canaliser ? Petite ballade dans le monde des stressés.
Alors comme ça, le stress n’est pas négatif “en lui même” ? Tiens donc. Eh bien non, même si l’on parle surtout du stress, il faut bien le dire, quand celui-ci nous mène la vie dure. Mais si le stress existe, c’est avant tout parce qu’il représente un moyen d’adaptation aux conditions extérieures, et que nous en avons besoin.

Depuis plusieurs décennies, les chercheurs s’intéressent au stress, et en particulier au stress chronique, cet état d’excitation des cellules nerveuses qui s’installent en toile de fond de nos activités. Un niveau d’excitation n’est pas nécessairement lié à un état émotionnel, c’est le premier point dont il faut avoir conscience, même si dans la vie réelle, c’est le plus souvent le cas. Et quand l’émotion associée à un stress est une émotion négative, les conséquences sont néfastes : Baisse de la flexibilité mentale (capacité à passer facilement d’une tâche à une autre, à accepter de nouvelles idées, etc.), anxiété, irritabilité…

Mais même lorsqu’il n’est pas associé à une émotion négative (du moins pas au départ), un stress trop intense peut lui aussi devenir nuisible, du simple fait de son excès d’intensité. Pour illustrer cela, voici une courbe qui représente les effets de différents niveaux de stress (en supposant qu’il n’y a pas d’apriori émotionnel négatif).

courbe-contre-stress

Sur cette courbe, le niveau minimal de stress est enregistrée pendant le sommeil (ça n’est pas forcément tout à fait juste dit de cette manière, mais ça conviendra très bien, pour un raisonnement pratique, ce que nous voulons avoir ici). Dans le monde du travail, nous allons partir du principe que personne ne dort ! (encore que les salles de sieste mises en place par certaines entreprises aient un grand succès, et permettent d’augmenter nettement la productivité en fin de journée)

Le premier niveau est donc l’ennui. Il peut (et il est le plus souvent) associé à des émotions négatives, qui rajoutent encore à l’inefficacité du travail produit… A l’opposé, un excès de stress, souvent le fruit d’un sentiment d’incapacité à faire face au monde extérieur (ici le contexte de travail avec ses tâches, ses relations sociales etc.), aboutit à l’effondrement psychologique et physique du collaborateur (entraînant d’ailleurs de nombreux problèmes de santé, qui se traduisent par des arrêts maladie récurrents).

Plusieurs approches existent, pour prévenir le stress au travail.

Il est souvent question de l’approche psychologique, avec présence (physique ou téléphonique) d’un psychologue, cellule d’écoute, etc. C’est un bon moyen de désamorcer les situations de stress extrême quand elles se manifestent, mais ça ne permet pas toujours, loin de là, de les prévenir. Or, éviter de se trouver dans une impasse est toujours beaucoup plus facile que d’avoir à faire demi-tour une fois qu’on s’y trouve !

En effet, la prévention des risques psychosociaux (qui incluent le stress et ses effets), est construite selon trois niveaux :

1. La prévention primaire : Réduire les risques psychosociaux à la source
2. La prévention secondaire : Aider les collaborateurs à développer des compétences (au sens large, décrit dans cet article, incluant notamment le savoir-être), pour faire face aux risques psychosociaux
3. La prévention tertiaire : Prendre en charge les collaborateurs affectés, quand les risques n’ont pu être évités

L’approche psychologique me semble trouver sa plus grande utilité au niveau 3. Plus en amont, le travail doit porter avant tout sur les pratiques managériales et l’organisation. Une véritable démarche RSE prend en compte tout cela (et bien au delà), et permet si elle est bien conduite, de fortement réduire les risques psychosociaux à la source (niveau 1). La réponse “idéale” est donc l’ “entreprise RSE”, pensée selon une logique durable et donnant toute sa place à chacun.

Toutefois, comme toute démarche de fond, elle ne porte pas tous ses fruits sur le court terme. Il faut donc pouvoir agir également par la mise en place d’un plan de prévention des risques psychosociaux incluant des mesures à effet plus rapide, notamment sur le plan managérial. Le travail doit se faire en impliquant fortement les managers, c’est important, et les différentes directions (nous parlons d’une stratégie cohérente entre les différents services, les différentes fonctions de l’entreprise ou de l’organisation).
Le plan d’action doit comporter un planning, des responsables d’actions, des indicateurs de mise en œuvre, etc. comme dans n’importe quel projet structuré (car il est important qu’il le soit).

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *